Je viens de regarder un épisode de Babylon 5 qui sauve la totalité de la série – enfin je suis méchant, Babylon 5 est un série tout à fait sympa pour de la science-fiction (ce qui ne veut pas forcément dire grand chose…).
Le personnage principal de la scène valant ce regain d’intérêt est G’Kar – incarné par Andreas Katsulas, «sale gueule» bien connue des amateurs de séries américaines et malheureusement décédé il y a quelques mois –, un pseudo mystique d’une race extra-terrestre ayant subi de nombreux déboires et s’adressant à une groupe de «disciples» :
Disciple : Qu’est-ce que la vérité ? et qu’est-ce que Dieu ?
G’Kar : Vous tenez réellement à ce que je réponde à cette question ?
Disciple : Euh… oui… je vous en prie.
G’Kar : Si je prends une lampe et la dirige vers le mur, un point lumineux apparaît sur le mur. La lampe représente notre quête de la vérité et de la connaissance. Trop souvent, nous nous imaginons que cette lumière est Dieu. Pourtant elle n’est pas le but de notre quête : elle est le résultat de notre quête. Plus la quête est intense, plus la lumière sur le mur est éclatante, et plus elle est éclatante et plus notre sensation de révélation en la voyant est grande. De la même manière, celui qui se détourne de cette quête et néglige d’apporter une lanterne avec lui reste dans le noir
Ce que nous percevons comme étant Dieu est le sous-produit de notre quête de Dieu et du divin. Il peut s’agir simplement d’une appréciation de la qualité de la lumière : pure et indemne de toute tâche, dont nous ignorons que c’est nous qui lui portons un sens divin.
Parfois il arrive que l’on se tienne devant la lumière et que l’on s’imagine être le centre de l’univers. Dieu nous ressemble alors de façon confondante. D’autre fois on tourne son regard vers son ombre et on s’imagine que tout est ténèbres. En nous octroyant ainsi le droit de nous interposer, ne passons nous pas à coté de notre but qui est de nous servir de la lumière de notre quête pour illuminer le mur dans toute sa beauté… et toutes ses imperfections et avoir ainsi une meilleure compréhension du monde qui nous entoure ?
Disciple : euh… oui… mais qu’est-ce que la vérité ? et qu’est-ce que Dieu ?
G’Kar : … (désabusé, il se met à rire)… La vérité est un fleuve.
Disciple : … Ah, je vois. Et qu’est-ce que Dieu ?
G’Kar : Dieu est l’embouchure du fleuve
Moi qui suis assez spécialiste des explications – assez fumeuses il est vrai – qui se terminent par une réponse désabusée et sans grande conviction, j’ai particulièrement apprécié ce passage…